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Mercredi 14 mai 2008
Encore un titre et texte de  conférence  (André Moreau, philosophe)

"L'amour n'a pas rempli son office en occident... Il a demandé de s'oublier au profit de l'autre. Oubli de soi et amour ont été les deux grands principes du christianisme. Ils ont abouti à la névrose, à la dépression, à l'ignorance de soi et au sentimentalisme larmoyant.
Ce qu'apporte le "jovialisme" (philosophie systématique du bonheur), c'est que l'amour se subordonne à l'être, et que sans être aucun amour n'est possible. Celui qui n'est pas lui-même n'aime pas véritablement. Il s'accroche ; il veut posséder. Il est faux de penser que l'amour sauve...
Car l'amour n'a jamais été vraiment libre."

... D'autant moins libre que l'amour chanté dans nos chansons est une drogue dont on rêve !
En fait, l'autre n'empêche jamais d'être soi, il permet même de l'être, dans chacune de nos réactions, si on le veut bien.
par lyanne publié dans : Nous communauté : Relations amoureuses
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Vendredi 9 mai 2008

J'ai mis plus d'un mois à penser à cette phrase reçue et à cet avis sur mes écrits : "Trop sage... Trop policé... Trop politiquement et écologiquement correct... On a envie de gratter pour voir the dark side of Lyanne... Il manque un peu de chair, de tourment... On a envie de donner une fessée à la fille un peu trop sage."

Alors pourquoi n'ai-je pas écrit la face cachée ? Ma réponse est simple, la pensée est bien trop créatrice pour que je souhaite créer autre chose que de la lumière. La pensée exprimée est encore plus créatrice. Et ce que je crée avant tout, c'est ma vie.

Dark side of the moon, on sait qu'elle existe, et qu'elle est aussi grande que la face de lumière. Derrière chaque mot de lumière s'étend mon ombre. Derrière la fille sage, tout un vécu pas sage du tout !

Mais pour voir la face cachée, est-ce à moi de me tourner ? Je préfère inviter à un voyage astral et planétaire !

Regarde la lune, les hommes lèveraient-ils la tête avec autant de force pour imaginer autre chose que ce qu'ils ne voient pas ? L'essentiel est de voir chacun ses propres ombres, qui ne se projettent que grâce à la lumière. Et sans les ombres, on n'aurait même pas conscience de la lumière, pas plus qu'on a conscience des étoiles en plein jour...

Pourtant oui merci pour ces mots qui m'ont été sincèrement adressés, car ils me montrent qu'on a envie de voir la part d'ombre des gens, et que non seulement j'ai le droit de la montrer, mais que c'est souhaitable. Et si ces mots ont porté et m'ont touchée, c'est bien parce que je pensais quand même que cette ombre n'intéressait personne... The dark side, pour moi, était une source de rejet et non d'acceptation de qui je suis par les autres.  

Alors mes tourments ?
Lis les dans chaque article. Ils sont sous la neige qui redonne de la blancheur. Sinon, comment aurais-je pu être aussi sensible à cet espoir que donne la neige ? Ils sont dans d'autres textes aussi, dans ce qu'on m'a pris, socle enfin de tout ce que je reçois. Ils sont ma force, ils sont le volcan qui brise le glacier sans honte. Ils sont dans la mer et ses vagues, vécu de tous les étés de -1 à 17 ans. Ils sont dans la nuit avant que le soleil ne l'efface. Ils sont dans mon souhait d'aller voir le soleil se lever sur la mer. Pas un seul mot si écologiquement correct ne vient d'autre part que d'un vécu réel dans une nature qui peut nous faire voir la mort derrière chaque parcelle de vie.

par lyanne publié dans : Moi
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Vendredi 9 mai 2008
Merci pour ces simples phrases à mes oreilles... Comment m'as-tu dit ça déjà ? Exactement ce que je ressens en ce moment pour écrire, quand tu m'as qu'il n'était pas facile de décider d'écrire et de s'installer tout seul, que ce soit avec un répertoire de vingt six lettres, ou de sept notes et quelques demi tons.

Par contre, au milieu de quelques personnes, bref, en relation, tout devient plus facile et évident. La création se fait ! C'est aussi l'attention qui s'éveille , des informations qui, réunies, font tilt. Alors je vais retourner au 1er mai par la pensée, pour ne pas être seule. Voilà ce que j'avais déjà en tête lorsque j'ai écrit l'article précédent hier.

Créer, comme créer sa vie, porte cette part de communication derrière la communication. De ces volutes de communication, s'échappent des senteurs émotionnelles subtiles qui veulent se cristalliser lorsqu'elles se croisent à nos oreilles... Voilà ce que je sens en moi. Quand plusieurs traits se croisent en moi au même endroit, ils éveillent mon énergie créative, l'énergie se ralentit et prend forme. Cela pourrait être aussi comme 3 notes qui n'en forment qu'une tout d'un coup, et qui résonnent particulièrement comme l'union d'une polyphonie.

Je ne me suis jamais sentie aussi autonome et centrée sur moi, et en même temps envie d'être en relation. Une énergie qui cascade ou qui porte ses échos et me revient amplifiée pour repartir encore !
par lyanne publié dans : Pensées
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Jeudi 8 mai 2008

Des extraits de textes pour commencer....

"Les relations personnelles t'appellent constamment à créer, à exprimer et à vivre des visions plus grandes de toi-même....
La plupart des gens entrent dans une relation en ayant à l'esprit ce qu'ils peuvent en tirer, plutôt que ce qu'ils peuvent y apporter. Le but d'une relation est de décider quelle part de vous même vous aimeriez voir apparaître, et non quelle part de quelqu'un d'autre vous pouvez vous accaparer. Les relations (comme toute la vie) ne peuvent avoir qu'un but : être et décider qui tu es vraiment...
Le but de la relation n’est pas d’avoir quelqu’un d’autre qui pourrait te compléter, mais d’avoir quelqu’un d’autre avec qui tu pourrais partager ta complétude…
Si toute personne qui se trouve en relation se préoccupait de soi, toutes les relations personnelles rempliraient magnifiquement leur rôle, et serviraient leurs participants ! Que chaque personne se préoccupe, non pas de l’autre mais de soi….
Le fait de vous concentrer sur l’autre, c’est ce qui fait échouer les relations personnelles…

La personne la plus aimante est celle centrée sur le Soi…
Sois centré sur ton Soi. A tout moment, sois à l’affût de ce que tu es en train d’être, de faire et d’avoir, et non pas de ce qui se passe chez un autre. Ce n’est pas dans l’action d’un autre mais dans ta ré-action, que tu trouveras ton salut."

Tirés de "conversations avec Dieu"

On nous a tellement dit de s'occuper des autres ! Mais aimer les autres comme soi-même commence par s'aimer non ? Le message de s'occuper de soi est vraiment paradoxal n'est-ce pas ? A bien réfléchir avant de croire qu'on l'a compris !

Sous peine de confondre avec l'égoïsme...
Sous peine de se placer dans une autonomie excessive....

J'ai choisi des extraits, parce qu'il n'est pas facile de transmettre un récent ressenti de groupe. Je vais essayer...

On a commencé par s'occuper de soi tout en souhaitant apporter aux autres, donc sans à fond parler de soi. Puis on a pu passer à un autre mode de fonctionnement, subtilement différent, car presque identique dans les apparences ! C'est à dire accepter de s'occuper chacun vraiment de soi, parler de soi, reconnaître ce qu'on ressentait et ce qu'on souhaitait vraiment dire. A ce moment, les échanges sont vraiment devenus plus bénéfiques pour tout le monde.

Cela s'est passé par la prise de conscience de ce qui se passait. Je vais décrire ce qui est passé par moi. Je posais une question me concernant personnellement, et en lien avec ce dont nous parlions. Certaines personnes ont voulu m'aider à trouver une réponse. J'ai réfuté toutes les idées parce que les personnes ne connaissaient le contexte dont je parlais, ce qui m'obligeait à donner plus de détails, et donc amenait d'autres suggestions. Au fond (mais bien au fond) je savais qu'on s'éloignait de mon but de départ, mais je n'ai rien dit, car j'espérais sans doute que quelque chose d'intéressant pourrait en sortir. Eh bien non, car personne ne s'occupait vraiment de soi (pas même moi), sauf à travers les autres. Bonne leçon pour tout le monde !

Bien sûr le groupe commence à deux, c'est pareil.
Le message d'être centré sur soi n'implique pas de se détourner de l'autre par peur que l'autre n'ait pas compris ce message, et devienne dépendant ! L'autre est important, mais il faut se préoccuper de nos réactions et de qui nous sommes dans chaque action, parole, échanges... Les relations mènent à soi bien mieux que tout seul !

par lyanne publié dans : Pensées communauté : Relations amoureuses
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Samedi 26 avril 2008
J'y étais :

http://www.revue3emillenaire.com/actualites/actualites.php?menu=actualites&page=auteur&idx=42


Titre de la conférence : 
Sexualité consciente.
De l'orgasme multiple à la métaphysique du sexe. 

3 remarques préliminaires !
- Cela ne s'adressait pas qu'aux hommes, malgré le texte si vous cliquez sur le lien. Mais au moins, il y avait enfin parité dans une salle !
- Cela n'est pas comparable aux techniques de tantra. Pas d'exercices musculaires ou respiratoires, mais utilisation du son. 
- Le mot multiple est plus à comprendre en multiplicité (et non intensité) de plaisirs différents qu'en nombre d'orgasmes. C'est une interprétation personnelle, car je pense que la palette de couleurs féminines a plus de variété non ?

Il s'agit donc de produire un son grave pour produire de la résonance dans le corps. Il va comme aspirer vers le haut le désir ou plaisir sexuel, de façon à le répandre dans le corps. La densification d'énergie produit un état similaire à un état de conscience modifié, c'est à dire comme un orgasme, mais plus de quelques secondes ! D'où l'aspect métaphysique dont il parle, avec la possibilité d'utiliser cette force, qui est la force de vie, dans toute création.

Cette pratique peut se faire seul, ou seul en étant avec son partenaire (Heu, lui expliquer les sons, ou alors arriver au stade de s'en passer), ou à deux. Il est possible d'échanger cette énergie, de la faire tourner entre les deux corps,
si les deux ont ...
cette chance mutuelle
de savoir ce qu'est un chakra,
de sentir cette circulation d'énergie,
et de savoir qu'on peut capter l'énergie de l'autre...

La disparité du public dans la salle rendait le message difficile à faire passer je crois, et j'avoue ne pas toujours avoir réussi à suivre, j'ai eu beau essayer de me mettre dans des états d'écoute variés, pour essayer de ressentir son expérience derrière ses mots. En fait, je ne pensais pas pouvoir comparer avec mes propres ressentis jusqu'à ce qu'il dise qu'il devenait par la suite possible de se passer du son. Tilt, donc possible... donc je suis allée lui demander, et malgré une description différente de la sienne, il a confirmé que ça devait être ça. Bref, à voir avec son CD pour que je compare !

En fait, c'est très simple, du moins de mon point de vue. Je pars du désir, c'est une énergie. La bonne nouvelle pour ceux qui ne savaient pas ce que pouvait bien être cette mystérieuse énergie, si vous avez déjà ressenti du désir, en fait vous savez ce qu'est l'énergie aussi bien que Monsieur Jourdain savait ce qu'était la prose !

Par l'imagination, la pensée, je fais monter cette énergie, ce ressenti, à la verticale dans le corps, jusqu'à la tête. Il est possible de la faire monter et descendre, ou de revenir en chercher plus dans le ventre, pour l'envoyer dans le corps. L'état obtenu est un rayonnement, une joie, un état d'amour. On se sent comme un soleil. A moins que ce soit nucléaire, d'ailleurs parfois les réactions s'emballent !   ;-)

Il m'était venu une idée lundi dernier, celle de vérifier à quoi ressemblait une fleur de lotus, en cherchant des photos sur Internet. D'ailleurs il y a plein de lotus jaunes sur une affiche dans le métro de Paris ! Je crois avoir compris une partie du symbole de rayonnement... 



http://www.tantraduson.com
http://www.multiples.com  (en anglais)

par lyanne publié dans : Nous communauté : Relations amoureuses
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Samedi 26 avril 2008

D'une interview de Pierre Arditi dans un magazine, j'ai volé la page pour relire cette phrase, démarrant de façon blessante, pour s'avérer en fait réparatrice !

"Il y a deux sortes de réalisateurs :
les violeurs,
qui vous arrachent ce qu'ils veulent puis vous jettent,
et les voleurs,
qui extirpent une chose que vous ne soupçonniez pas posséder,
puis vous l'offrent."

Je comprends l'attrait à utiliser deux mots phonétiquement proches, violeur et voleur, mais le deuxième est-il un voleur ? Non, mais la proximité des mots et la confusion créées sous-entendent toutes ces atteintes à la confiance à réparer. J'ai reçu la fin de la phrase comme une surprise, un cadeau. Non pas un voleur, je laisse la porte ouverte, les portes même !

Alors puisqu'il a parlé de vol, je vais penser à une envolée... Réalisateur, réalisation à deux. Le réalisateur n'est rien tout seul. Qui fait assez confiance pour ne pas se refermer en voyant, en réalisant, ce qu'il ressort de l'investigation ? Qui reste assez ouvert pour se laisser prendre et pour recevoir...

par lyanne publié dans : Pensées
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Jeudi 24 avril 2008
...C'est quoi ?

(référence : "les 10 plus gros mensonges sur l'amour et la vie de couple"
Y-A Thalmann Ed. Dangles)

Pourquoi cet état passionné est-il tout à la fois, si plein d'une force tentante à vivre, fort en sensations mais subi, si peu facteur de liberté et de choix... Il mène surtout à se désintéresser de soi-même, et il mène vers des personnes qui appellent une résonance, une ex-altation qui nous sort de nous justement. Bref, chemin vers une partie de soi-même ou vers nulle part, mais pas vers l'autre, ni une construction consciente.

Pourquoi écrire sur ce sujet ? Parce que 2 textes plus bas, je parle de mon premier coup de foudre ! He oui en y repensant, je me suis bien rendue à l'évidence... Un coup de foudre, c'est bien voir quelque chose de soi dans l'autre ! Ce premier souvenir, c'est le premier souvenir de m'être sentie séparée. Je pense qu'un bébé n'a pas de souvenir tant qu'il ne se sent pas séparé de ce qui l'entoure. Et là, tout d'un coup, je me suis vue séparée, séparée d'une partie de moi, d'où cette impression avec souvenir d'un choc lumineux.

Thalmann nous rapporte que 50 % des frères et soeurs séparés tôt, vivent une expérience de type coup de foudre au moment où ils se retrouvent  adultes ! Cela comprend d'ailleurs une attirance amoureuse et sexuelle. 

Toutes nos sensations passent par le corps et ne sont pas juste des impressions abstraites. L'amour, la colère ou la peur ont bien des effets sur le corps, on ne peut le nier. Nous maîtrisons si peu ce qui se passe, que nous attendons d'autrui de générer de l'amour pour nous ! (et nous accusons autrui de générer peur ou colère !) Pourtant nous créons tout ça...

Désolée pour les romantiques qui croient à leur moitié, moi je me crois complète ! Et si j'aime, c'est avant tout une sensation qui vient de moi et que j'exprime. Aimer quelqu'un, mais surtout aimer. L'amour et la sensation d'aimer ne sont jamais absents, ne naissent pas que de quelqu'un. Ils ne tombent pas non plus dans le vide, je les compare à des rayons de soleil.  

Sans nier le ressenti, je le crois suffisamment ancré dans le corps pour être biologique. Chercher sa "moitié" relève du manque, et être amoureux d'alternance de manque et d'euphorie. Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit en quelques lignes ! Loin d'être désabusée, je préfère des sensations que je trouve mieux que le coup de foudre, des énergies à faire circuler dans le corps de façon volontaire, et dont je peux passer le volant !

par lyanne publié dans : Sens communauté : Relations amoureuses
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Dimanche 20 avril 2008

(mes deux tous premiers souvenirs...)

Elles sont noires avec des lacets tes bottes. Mes petits pieds les montent dans l’escalier. Les marches sont hautes, je monte avec précaution chaque pied, et la botte monte. Je suis à ta place, je suis fière. Et je vois bien que je ne suis pas toi, je suis fière d’être moi. Elles sont noires avec des lacets tes bottes, maman.

par lyanne publié dans : Moi
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Dimanche 20 avril 2008

Quel âge j’ai ? Je joue dans le bac à sable.
Papa maman au balcon sont plus désirables.

Car j'ai levé les yeux, l’espace s’est déchiré,
La foudre fait mal, entre ciel et terre. 
Premier souvenir d’être née,
De père et mère.

Entre les étages, le fil était trop fin,
Entre eux il était si fort.
J’étais séparée, j’ai tendu la main,
J’ai appelé, de tout mon corps.

La sentence tombe :

Que je reste en bas.
Elle tombe de là haut,
Et moi je la reçois,
Je reçois ces mots 

Comme une Pierre.  

N’ont-ils jamais pêché eux ?


Salka, Sigur ròs : http://www.deezer.com/track/193383 

PS : Les boutons étaient trop haut, on m'a retrouvée dans l'ascenseur !

par lyanne publié dans : Moi
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Samedi 19 avril 2008
Avez-vous déjà vu le soleil se lever sur la mer ? La mer que j'ai vue enfant ne m'avait permis que d'en rêver... Ce souhait m'est revenu à 20 ans en allant aux Baléares, mais tout de suite déçu, nous n'étions pas assez à l'est. Que cela ne tienne, j'ai supposé un lieu adéquat sur la carte, et je suis partie de nuit, à pieds, vers 4 heures...
Je marchais avec le walkman sur les oreilles, autoreverse et cassettes à l'époque ;) d'abord dans le noir, puis avec la lumière qui montait et me faisait craindre de ne pas arriver à temps.
Je ne savais pas que le rayonnement sur l'atmosphère provoquait un épisode de luminosité qui baissait ensuite, avant que le soleil ne se lève vraiment. Je calmais mes craintes en me disant que le lendemain, le soleil se lèverait aussi !

En haut de la colline, je suis arrivée surplombant la mer, je me suis assise en face d'elle, là où la brume était la plus colorée, le dos dans les touffes d'herbes, mais le soleil n'était pas là. Il faisait si clair que je le cherchais quand même ! Etait-il plus loin derrière la colline ? J'étais alors tendue vers le mot "enfin", et mes yeux n'osaient pas rater le premier instant ! Mais non, ce n'est pas la bonne attitude, j'allais l'apprendre. 

J'ai cru avoir rêvé cette lumière, il faisait sombre de nouveau, la nature m'enveloppait tendrement, et au lieu d'attendre, je me suis laissée aller, j'ai rêvassé, et je crois que je me suis même endormie quand la musique a fait place au silence...

Rien ne sert d'attendre, d'espérer, de souffrir, de forcer, de vouloir trop fort, mais plutôt d'être connecté à son désir. Désirer, démarrer sa création, puis laisser faire. Créer, puis regarder grandir, écouter le présent.
Mon désir était parti en marchant, dans la peur du noir, et aussi en mettant en route du doigt la musique, cassette choisie pour la circonstance. C'est là que tout s'est mis en place, ensuite ce n'est que rythme à suivre et à écouter, plaisir de vivre chaque instant. 
Je ne savais pas, j'apprenais.
Si, je devais bien savoir, mais il faut parfois se souvenir plusieurs fois. Merci toi ! ;-)
Mon souhait d'accélérer le rythme de mes pas avait alterné avec la confiance que tout était bien. Et comment mon souhait face à la mer pouvait-il faire lever le soleil !?
La nature s'amuse à nous exciter de quelques prémices de rayons, puis à nous envelopper de douceur pour nous distraire de l'avenir.

La musique a repris, j'ai ouvert les yeux, la lumière n'avait pas changé, mais je profitais du moment présent, et le Soleil est apparu, orange dans la brume.

La musique était celle d'Alan Parson Project, un mélange des albums "eye in the sky" et "Pyramid". Celle qui m'a ouvert les yeux était "sirius", qui est une étoile, et cette musique accompagne bien un lever. Et je me rappelle ensuite des mots "the sun goes up", le soleil se lève... En fait, les paroles étaient "what goes up", j'ai fait une alchimie...

Tout n'est que gratitude quand sa propre création rencontre celle de l'univers. Merci !

Sirius, Alan Parsons project :
http://www.deezer.com/track/567679 
par lyanne publié dans : Sens
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